<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Vue de gauche</title><link>http://vuedegauche.canalblog.com/</link><description>Qu&apos;est-ce que la gauche aujourd&apos;hui ?</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 16 Nov 2009 20:25:10 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Taxons enfin les profits bancaires!</title><dc:creator>novemberleaf</dc:creator><link>http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/29/15613053.html</link><category>Crise financi&#xe8;re 2007</category><category>banques</category><category>crise financi&#xe8;res</category><category>G20</category><comments>http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/29/15613053.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://vuedegauche.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15613053/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/29/15613053.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cette fois, il y avait m&#xea;me quelques d&#xe9;put&#xe9;s de droite un peu moins godillots que les autres pour voter une surtaxe de 10% sur les profits bancaires. Malheureusement, le gouvernement a d&#xfb; penser que &#xab; c’&#xe9;tait pas du jeu &#xbb; et hop ! on revote pour supprimer la surtaxe trois jours plus tard. Ce serait dr&#xf4;le si le sujet n’&#xe9;tait pas aussi dramatique.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Cela n’a &#xe9;chapp&#xe9; &#xe0; personne : les banques vont mieux, les indices boursiers s’envolent, et les bonus fleurissent &#xe0; nouveau. Apr&#xe8;s avoir &#xe9;t&#xe9; au bord du collapsus, le secteur bancaire renoue avec les profits insolents d’il y a quelques ann&#xe9;es. Aux Etats-Unis, JP Morgan Chase a annonc&#xe9; des b&#xe9;n&#xe9;fices en hausse de 36% au second trimestre, tandis que ceux de Goldman Sachs ont bondi de 90% ! M&#xea;me la convalescente Citigroup, qui avait &#xe9;t&#xe9; renflou&#xe9;e &#xe0; hauteur de 45 milliards de dollars par l&apos;Etat f&#xe9;d&#xe9;ral am&#xe9;ricain affiche un b&#xe9;n&#xe9;fice net de 4,27 milliards de dollars sur le deuxi&#xe8;me trimestre. La France n’est pas &#xe9;pargn&#xe9;e. Il n’y a qu’&#xe0; voir le redressement spectaculaire de la banque du g&#xe9;nial Kerviel : en trois mois, la Soci&#xe9;t&#xe9; G&#xe9;n&#xe9;rale est pass&#xe9;e d’une perte de 278 millions d’euros au premier trimestre &#xe0; un b&#xe9;n&#xe9;fice de 309 millions. Et BNP Paribas, devenue premi&#xe8;re banque europ&#xe9;enne apr&#xe8;s avoir aval&#xe9; la belge Fortis annonce plus de 3,1 milliards d’euros de profit pour les seuls six premiers mois de l’ann&#xe9;e.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela serait certainement une bonne nouvelle si ces profits avaient un quelconque lien avec l’activit&#xe9; de l’&#xe9;conomie r&#xe9;elle. Or, avec un ch&#xf4;mage qui augmente (le secteur priv&#xe9; am&#xe9;ricain a encore d&#xe9;truit plus de 260 000 emplois en septembre), les entreprises n’investissent pas et les m&#xe9;nages &#xe9;trangl&#xe9;s par la dette sont l&#xe9;gion. Dans un tel contexte, il est d&#xe9;risoire d’esp&#xe9;rer un red&#xe9;marrage du cr&#xe9;dit bancaire susceptible de relancer la production et la consommation. Mais si les banques pr&#xea;tent moins, d’o&#xf9; viennent donc ces fabuleux profits ? La r&#xe9;ponse est simple : de leurs activit&#xe9;s sp&#xe9;culatives et de la hausse des march&#xe9;s financiers. Retrouvant les bonnes vieilles m&#xe9;thodes de l’effet levier, les salles de march&#xe9; profitent des faibles taux d’int&#xe9;r&#xea;t des banques centrales pour investir massivement dans des produits &#xe0; hauts rendement dont la complexit&#xe9; et l’absence de transparence qui n’ont rien &#xe0; envier aux fameux cr&#xe9;dits subprimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rendons-leur au moins ce m&#xe9;rite : les banques ont tir&#xe9; une bonne le&#xe7;on de la crise. Elles savent &#xe0; pr&#xe9;sent qu’aucun gouvernement ne laissera l’une d’entre elles faire faillite. L’&#xe9;pisode &#xab; Lehmann Brother &#xbb; a fait beaucoup plus de mal &#xe0; ce pauvre Paulson (le secr&#xe9;taire du tr&#xe9;sor de G. W. Bush) qu’il n’en a fait aux banques. Elles y ont m&#xea;me gagn&#xe9;. Les plus fortes ont profit&#xe9; des faillites des petites pour se renforcer en rachetant &#xe0; vil prix les actifs des &#xab; canards boiteux &#xbb;. Le secteur bancaire en est sorti si concentr&#xe9; qu’une nouvelle faillite serait politiquement inenvisageable. Ainsi, fort de la garantie implicite des contribuables, le secteur bancaire peut sp&#xe9;culer sans risque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, l’&#xc9;tat aurait pu, comme &#xe0; Londres ou &#xe0; Washington, proc&#xe9;der aux nationalisations totales ou partielles des banques qu’il a aid&#xe9;es. Dans une logique d’optimisation des deniers publics, il aurait pu r&#xe9;cup&#xe9;rer une partie de ces profits sous forme de dividendes ou revendre sa participation une fois la crise pass&#xe9;e et d&#xe9;gager des plus-values. Dans une logique de r&#xe9;gulation, il aurait pu participer au capital des banques, en nommant des administrateurs publics susceptibles de les contr&#xf4;ler. Au lieu de cela, le gouvernement a choisi d’acheter des actions dites &#xab; &#xe0; dividendes prioritaire &#xbb;… sans droit de vote. L’Etat a ainsi b&#xe9;n&#xe9;fici&#xe9; d’un revenu &#xab; garanti &#xbb; de 8% en moyenne, tout en permettant aux banques de racheter quand elles le voulaient ces actions au prix initial. Sauf qu’entre temps, gr&#xe2;ce aux aides justement, leur valeur a &#xe9;t&#xe9; multipli&#xe9;e par deux. Le gouvernement, qui se vante d’&#xe9;conomiser l’argent public a r&#xe9;ussi le tour de force de ne rien r&#xe9;guler du tout, tout en laissant s’envoler plus de 12 milliards d’euros, rien que pour les seules BNP et Soci&#xe9;t&#xe9; G&#xe9;n&#xe9;rale. &#xab; L’&#xc9;tat de sp&#xe9;cule pas &#xbb;, r&#xe9;pond Christine Lagarde. Elle a raison : il vaut mieux laisser le soin aux banques de le faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce ratage politique n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est d’abord d’emp&#xea;cher que tout recommence comme avant. Or, tout va forc&#xe9;ment recommencer. Par son inaction, l’&#xc9;tat continue de conforter un syst&#xe8;me rapace dont l’activit&#xe9; normale consiste &#xe0; d&#xe9;tourner massivement la richesse cr&#xe9;&#xe9;e dans l’&#xe9;conomie r&#xe9;elle vers les casinos des march&#xe9;s financiers. En permettant aux banques de faire des profits qui ne correspondent en rien &#xe0; leur contribution r&#xe9;elle &#xe0; l’&#xe9;conomie, on est en train de creuser le gouffre de la prochaine crise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’essentiel est donc d’arr&#xea;ter une fois pour toute ce pillage organis&#xe9;. Et pour cela, il faut limiter la course aux profits qui incite justement les banques &#xe0; prendre toujours plus de risques sans en payer le prix. Il faut donc, comme le propose Fr&#xe9;d&#xe9;ric Lordon, aller bien au-del&#xe0; d’une surtaxe de 10% et plafonner les profits bancaires par l’imp&#xf4;t. Puisque les banques sont incapables de se r&#xe9;guler elles-m&#xea;mes, puisque le G20 n’a r&#xe9;ussi &#xe0; leur imposer qu’un encadrement cosm&#xe9;tique, exigeons donc que les profits bancaires cessent… ou retournent &#xe0; l’&#xe9;conomie r&#xe9;elle en permettant de financer les d&#xe9;penses de sant&#xe9;, d’&#xe9;ducation, de recherche, en donnant &#xe0; l’&#xc9;tat les moyens d’investir.
&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 29 Oct 2009 19:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>Ce que r&#xe9;v&#xe8;le l’affaire Polanski</title><dc:creator>novemberleaf</dc:creator><link>http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/09/15364266.html</link><category>France</category><category>Justice</category><category>Mitt&#xe9;rand</category><category>Polanski</category><comments>http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/09/15364266.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://vuedegauche.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15364266/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/09/15364266.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors comme &#xe7;a, &#xe0; en croire M. Mitterrand, parce que &#xab; c’est un immense cr&#xe9;ateur artistique &#xbb;, Roman Polanski aurait droit &#xab; &#xe0; la solidarit&#xe9; et &#xe0; la compassion du minist&#xe8;re de la Culture de la France &#xbb;. A en croire M. Kouchner, le &#xab; talent &#xbb; et &#xab; l’envergure &#xbb; du cin&#xe9;aste lui donnerait droit d’&#xe9;chapper &#xe0; la justice de son pays o&#xf9; il est poursuivi pour le viol d’une gamine de 13 ans ? Heureusement qu’il y a le &#xab; philosophe &#xbb; Luc Besson, pourtant un ami de Polanski, pour rappeler que &#xab; la justice doit &#xea;tre la m&#xea;me pour tout le monde &#xbb;. C’est en effet un principe du droit, et m&#xea;me le principe essentiel des droits de l’homme, &#xab; libres et &#xe9;gaux en droit &#xbb;. Le fait que d’&#xe9;minents repr&#xe9;sentants de la R&#xe9;publique puissent aussi facilement torpiller un fondement de l’Etat de droit est tout simplement effrayant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce qui est &#xe9;galement effrayant dans cette affaire, c’est l’&#xe9;tat de la justice am&#xe9;ricaine. Que le juge qui poursuit le cin&#xe9;aste puisse &#xea;tre condamn&#xe9; pour &#xab; faute professionnelle substantielle &#xbb; sans que cela ne remette en cause la proc&#xe9;dure et profite &#xe0; l’accus&#xe9; r&#xe9;v&#xe8;le son caract&#xe8;re ubuesque. Que le &#xab; plaider coupable &#xbb; soit utilis&#xe9; dans le seul but de pi&#xe9;ger l’accus&#xe9; au m&#xe9;pris des principes &#xe9;l&#xe9;mentaires de la recherche de la v&#xe9;rit&#xe9; et de la juste peine, montre &#xe0; quel point cette proc&#xe9;dure, adopt&#xe9;e r&#xe9;cemment par la droite au nom de &#xab; l’efficacit&#xe9; &#xbb; est dangereuse. A l’heure o&#xf9; M. Sarkozy entend poursuivre l’am&#xe9;ricanisation de la justice fran&#xe7;aise en supprimant le juge d’instruction, il serait temps de m&#xe9;diter sur la valeur d’un tel mod&#xe8;le.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, que dire des d&#xe9;fenseurs de M. Polanski qui, parce que Samantha Geimer aurait pardonn&#xe9; &#xe0; son agresseur, consid&#xe8;rent qu’il n’y a plus lieu de juger cette affaire ? Voil&#xe0; o&#xf9; nous entra&#xee;ne la nouvelle id&#xe9;ologie judiciaire qui vise &#xe0; &#xab; mettre la victime au cœur de la proc&#xe9;dure judiciaire &#xbb;, pour reprendre l’expression de Rachida Dati. N’en d&#xe9;plaise &#xe0; Mme Dati et aux autres partisans de cette doctrine, la justice n’a pas vocation &#xe0; soulager une demande priv&#xe9;e de vengeance individuelle. Elle est l&#xe0; pour pr&#xe9;server les r&#xe8;gles collectives que nous nous sommes donn&#xe9;es et pour condamner toute transgression &#xe0; ces r&#xe8;gles. Or, la victime et l’accus&#xe9; sont les plus mal plac&#xe9;s pour en juger. L’affaire Clearstream et les comportements infantiles de M. Sarkozy et M. Villepin en t&#xe9;moignent sans aucun doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’affaire Polanski permet de r&#xe9;affirmer le principe d’&#xe9;galit&#xe9;, si elle &#xe9;claire les d&#xe9;rives de l’id&#xe9;ologie victimaire, et si en plus elle montre les limites du syst&#xe8;me judiciaire am&#xe9;ricain que le gouvernement prend pour mod&#xe8;le, elle n’aura peut-&#xea;tre pas &#xe9;t&#xe9; si anodine que cela.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 09 Oct 2009 10:26:02 GMT</pubDate></item><item><title>Am&#xe8;re rentr&#xe9;e universitaire</title><dc:creator>novemberleaf</dc:creator><link>http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/01/15281325.html</link><category>Concepts et analyses</category><category>loi LRU</category><category>Rapport Attali</category><category>recherche</category><category>universit&#xe9;</category><comments>http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/01/15281325.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://vuedegauche.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15281325/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2009/10/01/15281325.html</guid><description>&lt;meta http-equiv=&quot;Content-Type&quot; content=&quot;text/html; charset=utf-8&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;ProgId&quot; content=&quot;Word.Document&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;Generator&quot; content=&quot;Microsoft Word 12&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;Originator&quot; content=&quot;Microsoft Word 12&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;File-List&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5CDAVIDC%7E1%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_filelist.xml&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;themeData&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5CDAVIDC%7E1%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_themedata.thmx&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;colorSchemeMapping&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5CDAVIDC%7E1%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_colorschememapping.xml&quot; /&gt;&lt;style&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dans une tribune parue dans Le
&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;amp;objet_id=1096170&quot;&gt;Monde du 31 ao&#xfb;t&lt;/a&gt;, l‘&#xe9;conomiste Philippe Askenazy s’inqui&#xe9;tait de la hausse du
taux d’activit&#xe9; des jeunes et de leurs d&#xe9;saffection pour les &#xe9;tudes. Il
constatait que, marqu&#xe9;s par le discours d&#xe9;faitiste ambiant, les jeunes
bacheliers qui ne r&#xe9;ussissent pas &#xe0; int&#xe9;grer une fili&#xe8;re s&#xe9;lective pr&#xe9;f&#xe8;rent bien
souvent tenter leur chance sur le march&#xe9; du travail plut&#xf4;t que d’aller &#xe0; la fac.
On constate en effet depuis quelques ann&#xe9;es une surprenante chute du taux de
poursuite d’&#xe9;tude des jeunes bacheliers. Une &lt;a href=&quot;http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/files/2009/07/orientations-post-bac.1248687676.pdf&quot;&gt;note de la DEPP&lt;/a&gt; de juin dernier
estimait qu’en 2002 99% des d&#xe9;tenteurs d’un bac g&#xe9;n&#xe9;ral s’&#xe9;taient inscrits dans
l’enseignement sup&#xe9;rieur. Ils n’&#xe9;taient plus que 94,8% &#xe0; faire de choix en 2007.
La note montrait que le premier cycle universitaire &#xe9;tait particuli&#xe8;rement
touch&#xe9;. La fac perd des effectifs alors que les inscriptions dans toutes les autres
formations sont en hausse. Elle reste pourtant la destination majoritaire des
&#xe9;tudiants qui ont un bac g&#xe9;n&#xe9;ral, et la seule qui leur soit facilement
accessible. C’est ainsi que les discours sur la &#xab; fac poubelle &#xbb;, sur
l’universit&#xe9; &#xab; d&#xe9;connect&#xe9;e du monde r&#xe9;el &#xbb;, et autres poncifs du m&#xea;me
topo se transforment en discours d&#xe9;courageant les &#xe9;tudes. Avant de d&#xe9;noncer la
qualit&#xe9; de l’enseignement universitaire, on ferait donc bien de r&#xe9;fl&#xe9;chir au
fait qu’il n’y a pas d’alternative s&#xe9;rieuse &#xe0; la fac, et qu’aucune formation
priv&#xe9;e ou publique ne peut comme elle former des centaines de milliers
d’&#xe9;tudiants chaque ann&#xe9;e&lt;/font&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;C’est dans ce contexte qu’il
convient d’analyser la grave crise universitaire de l’ann&#xe9;e derni&#xe8;re. Premi&#xe8;re
question : &#xe0; quoi donc servaient les r&#xe9;formes de Val&#xe9;rie P&#xe9;cresse ?
La politique de normalisation europ&#xe9;enne des universit&#xe9;s (dit : processus
de Bologne) &#xe9;tant aujourd’hui en passe d’&#xea;tre achev&#xe9;e, les r&#xe9;formes amorc&#xe9;es
par la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_LRU&quot;&gt;loi LRU&lt;/a&gt; de 2007 s’inscrivent dans une autre logique, qui vise &#xe0;
transformer non pas l’enseignement, mais l’activit&#xe9; de recherche.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Pour&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt; comprendre, il faut remonter &#xe0; 2003. Cette
ann&#xe9;e l&#xe0;, une &#xe9;quipe de l’universit&#xe9; de Shanghai &#xe9;tablit de mani&#xe8;re formelle
(et tr&#xe8;s critiquable) un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_de_Shanga%C3%AF&quot;&gt;classement mondial des cent meilleures universit&#xe9;s&lt;/a&gt;. En
France, ce classement fut un choc. Seules 2 des 86 universit&#xe9;s fran&#xe7;aises y
figuraient, et la premi&#xe8;re, l’universit&#xe9; Paris VI, n’&#xe9;tait que 65&#xe8;me !
Aucune grande &#xe9;cole, ni Polytechnique, ni m&#xea;me l’ENS, n’&#xe9;tait class&#xe9;e. Il faut
dire que le classement de Shanghai, domin&#xe9; par des &#xab; performances &#xbb;
de recherche centr&#xe9;es sur le nombre de prix Nobels et de publications,
n’accorde presque aucune importance &#xe0; la qualit&#xe9; de l’enseignement. Or, le
syst&#xe8;me fran&#xe7;ais de recherche fonctionne selon un mod&#xe8;le diff&#xe9;rent de celui des
autres pays. La fragmentation des &#xe9;tablissements et l’existence de grands
organismes de recherche publics (CNRS, INRIA, INSERM, CEA…) faussent les
comparaisons. De fait, la politique de recherche publique fran&#xe7;aise a toujours
eu tendance &#xe0; contourner l’universit&#xe9;. Le pouvoir, qui n’a jamais su g&#xe9;rer
l’ind&#xe9;pendance du milieu acad&#xe9;mique, pr&#xe9;f&#xe8;re cr&#xe9;er ses propres structures de
recherche pour r&#xe9;pondre &#xe0; des objectifs &lt;em&gt;ad
hoc&lt;/em&gt;. Par exemple apr&#xe8;s la guerre, pour permettre &#xe0; la France de ma&#xee;triser
le nucl&#xe9;aire, on pr&#xe9;f&#xe8;re cr&#xe9;er le CEA plut&#xf4;t que de passer des accords
contractuels avec l’universit&#xe9; publique.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Avec l’existence du classement de
Shanghai, les responsables politiques se persuadent d’une chose. Pour soutenir
les comparaisons internationales, la France doit changer de mod&#xe8;le et, comme
les autres nations, concentrer ses activit&#xe9;s de recherche sur ses universit&#xe9;s.
Mais cette concentration implique deux cons&#xe9;quences. La premi&#xe8;re c’est de
regrouper les &#xe9;tablissements g&#xe9;ographiquement proches pour mettre fin &#xe0; leur
&#xe9;miettement. La constitution des &lt;a href=&quot;http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid20724/les-poles-de-recherche-et-d-enseignement-superieur.html&quot;&gt;p&#xf4;les de recherche et d’enseignement sup&#xe9;rieur&lt;/a&gt;
(PRES), pr&#xe9;vus par la loi de 2006, &#xe9;tait un premier pas dans cette direction.
Mais le processus est jug&#xe9; trop lent et le &lt;a href=&quot;http://media.education.gouv.fr/file/92/8/6928.pdf&quot;&gt;bilan &#xab; mitig&#xe9; &#xbb;&lt;/a&gt;. L’id&#xe9;e
qui domine (et qu’on retrouve dans le &lt;a href=&quot;http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2008/03/24/8333705.html&quot;&gt;rapport Attali&lt;/a&gt;) est qu’un pays comme la
France ne saurait faire &#xe9;merger plus d’une dizaine de p&#xf4;les universitaires
d’excellence. Il faut donc concentrer les moyens sur un nombre plus faible
d’&#xe9;tablissements. C’est ainsi qu’on profite de la vente de 3% du capital d’EDF
pour lancer le Plan Campus, qui vise &#xe0; distribuer 5 milliards d’euros aux dix p&#xf4;les
universitaires qui parviendront &#xe0; monter les meilleurs projets de
collaboration. Les trois universit&#xe9;s strasbourgeoises, &lt;a href=&quot;http://www.telerama.fr/monde/a-strasbourg-une-universite-en-fusion,34246.php&quot;&gt;qui proposent de
fusionner&lt;/a&gt;, remportent imm&#xe9;diatement le jackpot. Pour les campus parisiens, qui
sont victimes de m&#xe9;sententes entre universit&#xe9;s et grandes &#xe9;coles, c’est plus
difficile : ils devront attendre la s&#xe9;ance de rattrapage pour passer. Au
final, ce ne seront pas dix mais douze projets qui seront retenus :
Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpelliers, Nancy-Metz, Paris
Condorcet, Paris intra-muros, Paris Saclay, Strasbourg, Toulouse. Retenez bien
ces noms : ce sont ceux des futures universit&#xe9;s d’&#xe9;lites qui devront
partir &#xe0; la conqu&#xea;te du classement de Shanghai. Les autres seront juste bonnes
&#xe0; amener les &#xe9;tudiants au niveau licence ou master pro, &#xe0; l’image des colleges
anglo-saxons.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Deuxi&#xe8;me cons&#xe9;quence de cette
politique : la mise au pas et le d&#xe9;mant&#xe8;lement progressif des grands
organismes de recherche. Objectif avou&#xe9; &#xe0; mi-mot par le gouvernement : &lt;a href=&quot;http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2144&quot;&gt;transformer
le CNRS en &#xab; agence de moyens &#xbb;&lt;/a&gt;, et pousser ses chercheurs &#xe0; passer
progressivement sous le contr&#xf4;le des universit&#xe9;s. Cette bataille s’av&#xe8;rera
beaucoup plus difficile. Les chercheurs CNRS se sont largement mobilis&#xe9;s contre
une logique qu’ils per&#xe7;oivent comme une agression sans fondement, d’autant
qu’ils collaborent d&#xe9;j&#xe0; tr&#xe8;s bien avec les universitaires. La col&#xe8;re prend de
telles proportions qu’un conseil d’administration doit se tenir sous
surveillance polici&#xe8;re en novembre 2008. Par prudence, &lt;a href=&quot;http://www.marianne2.fr/Le-conseil-d-administration-du-CNRS-s-exile-loin-des-trouble-fetes_a179981.html&quot;&gt;le suivant sera
d&#xe9;localis&#xe9; au CERN&lt;/a&gt;, sur la fronti&#xe8;re franco-suisse.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mais plus fondamentalement, ce
qui emp&#xea;che le gouvernement de rattacher les grands laboratoires publics de
recherche aux universit&#xe9;s, c’est sa traditionnelle m&#xe9;fiance envers la
gouvernance universitaire. L’Etat fran&#xe7;ais n’a jamais &#xe9;t&#xe9; &#xe0; l’aise avec une
structure sans v&#xe9;ritable chef, fond&#xe9;e sur un principe de coll&#xe9;gialit&#xe9;. Comment
piloter la recherche fran&#xe7;aise si on abandonne les commandes &#xe0; des universit&#xe9;s
surpuissantes et incontr&#xf4;lables ? La loi LRU et les d&#xe9;crets relatifs aux
statuts des enseignants-chercheurs ont &#xe9;t&#xe9; la r&#xe9;ponse idiote &#xe0; cette grande
question. Dans l’esprit de nos gouvernants, pour que la recherche fran&#xe7;aise ne
soit pas exclusivement entre les mains des chercheurs, il fallait cr&#xe9;er une
institution capable de les soumettre. Cette institution, on a cru la trouver
dans l’ex&#xe9;cutif universitaire, et plus particuli&#xe8;rement dans sa pr&#xe9;sidence.
Remarquons que cette grande id&#xe9;e a &#xe9;t&#xe9; largement soutenue par &lt;a href=&quot;http://www.fabula.org/actualites/article21109.php&quot;&gt;le lobby de la
Conf&#xe9;rence des pr&#xe9;sidents d’universit&#xe9;&lt;/a&gt; qui avait trouv&#xe9; l&#xe0; une bonne occasion
pour accroitre le pouvoir de ses membres. Mais les enseignants-chercheurs, dont
l’&#xe9;valuation est traditionnellement confi&#xe9;e &#xe0; des instances nationales,
n’avaient pas du tout envie de se soumettre &#xe0; l’ex&#xe9;cutif de leurs universit&#xe9;s,
au risque de perdre leur autonomie et de renforcer une autre tradition bien
fran&#xe7;aise : le mandarinat.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Premier effet de la loi LRU : les pr&#xe9;sidents d’universit&#xe9; qui avaient majoritairement soutenu les r&#xe9;formes perdent leur poste. Ils avaient un peu oubli&#xe9; qu’ils devaient leurs mandats aux m&#xea;mes dont ils voulaient rogner l’autonomie. Malgr&#xe9; l’&#xe9;chec qui se profile, le gouvernement s’ent&#xea;te dans sa logique, ce qui conduit au plus important mouvement de gr&#xe8;ve universitaire depuis mai 68 : des universit&#xe9;s bloqu&#xe9;es pendant des mois, des examens repouss&#xe9;s, des cours all&#xe9;g&#xe9;s d’une partie de leur programme. Finalement, la r&#xe9;forme est pass&#xe9;e en force, sur le champ de ruine d’une universit&#xe9; unanimement hostile au projet. Ceux qui voulaient mettre l’universit&#xe9; &#xab; au cœur de la recherche fran&#xe7;aise &#xbb; pour se conformer aux mod&#xe8;les de recherche anglo-saxons ont rendu ce cœur bien malade ! Inutile de dire que beaucoup de jeunes bacheliers, cette ann&#xe9;e, ont d&#xfb; s&#xe9;rieusement s’interroger avant de s’inscrire en fac. Quel beau g&#xe2;chis !&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 01 Oct 2009 09:43:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>