L’austérité généralisée, cela ne marche pas. Nous le savions depuis les années 30, nous en avons aujourd’hui la confirmation. Même les économistes les plus éminents se rendent à l’évidence et doivent admettre leurs erreurs à l’instar d’Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, qui a reconnu en janvier dernier qu’en période de crise diminuer les dépenses publiques entraînait une diminution plus que proportionnelle de la croissance économique, ou à l’image de ces deux économistes de Harvard dont il a été prouvé il y a quelques jours que l’étude qui liait faible croissance économique et niveau des dettes publiques était entachée d’erreurs.

L’austérité ne marche pas. Il suffit d’en observer les effets économiques désastreux en Grèce, où le PIB a reculé de près de 20 % en quelques années et où le taux de dette publique n’a jamais été aussi élevé malgré l’aide européenne et malgré l’annulation d’une partie de cette dette, et bien que la Grèce ait suivi scrupuleusement toutes les directives de la Troïka depuis trois ans. Tant de plans de rigueur, tant d’échecs. L’austérité ne marche pas plus en Espagne, en Italie ou en France, pays dans lesquels les déficits publics sont régulièrement révisés à la hausse et les taux de croissance régulièrement révisés à la baisse. L’austérité ne marche pas plus en Allemagne où le taux de pauvreté n’a jamais été aussi élevé, où la croissance économique a brutalement chuté au quatrième trimestre 2012, qu’elle ne marche au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Aux Pays-Bas justement où le gouvernement libéral, autrefois si intransigeant sur les déficits des pays du sud, a récemment pris acte de cet échec en décidant d’abandonner sa politique d’austérité.

L’austérité ne marche pas. Il suffit de comparer la situation américaine à la situation européenne. Aux États-Unis, Obama n’a pas hésité, dès 2009, à dépenser 800 milliards de dollars pour relancer la demande intérieure et l’investissement public. Depuis, la bataille constante qu’il mène contre son Congrès pour éviter le piège de l’austérité a sauvé l’économie américaine. La croissance est repartie et le taux de chômage est à nouveau orienté à la baisse. Loin de ce volontarisme, la politique de « redressement » budgétaire menée par la Commission européenne et soutenue par la BCE n’a produit que de la récession économique et une hausse constante du chômage.

Il est plus que temps d’admettre ces évidences et de prendre en compte les résultats sans ambiguïté des travaux de de nombreux économistes. Il est plus que temps de tirer les leçons de 150 ans d’histoire économique qui nous ont appris que les crises de la dette ne se résolvent jamais par un remboursement de celle-ci, mais toujours par une hausse de la croissance et une intervention ambitieuse de l’État. Les gouvernements européens doivent se débarrasser de leurs ornières idéologiques et prendre la mesure de leur responsabilité historique. Non, il n’est pas sérieux de n’avoir qu’une vision statique et comptable de l’action publique; ce n’est pas faire preuve de rigueur économique que de ne pas profiter des taux d’emprunts historiquement faibles que nous connaissons actuellement.

Dans ce document, nous avons montré qu’il existe une alternative et que celle-ci est à la fois crédible et nécessaire. Un grand emprunt populaire nous permettra à la fois d’échapper à la logique absurde des marchés financiers et d’utiliser l’abondante épargne des français à des investissements utiles pour notre pays. La relance des infrastructures publiques et du logement pourra se substituer à l’investissement privé, atone faute de demande. Alors que pour la première fois depuis 1993 le pouvoir d’achat des ménages français régresse, nous avons montré que la hausse de la consommation des français modestes est non seulement pertinente d’un point de vue économique, mais que c’est surtout une condition du redressement de notre économie. Pendant sa campagne, François Hollande avait promis le redressement dans la justice. Notre plan permet d’affirmer que ces deux principes doivent et peuvent se conjuguer au présent.

Mettre en oeuvre un plan de relance éconologique et social pour la France et pour l'Europe